Autorité nationale de sûreté et de sécurité nucléaires - Lomé, Togo

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Lomé, Togo

Lomé, août 2026 : l'Autorité nationale de sûreté et de sécurité nucléaires (ANSSN) a accueilli, du 17 au 21 août 2026 à l'Hôtel Sarakawa, l'atelier régional sur les valeurs et les approches en cultures de sûreté et de sécurité nucléaires. Organisé par l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) dans le cadre du Projet de développement de l'infrastructure réglementaire pour les pays africains (RIDP-AFR), l'atelier a réuni des délégués de onze pays africains autour d'une conviction commune : la sûreté et la sécurité nucléaires reposent avant tout sur une culture partagée.

Onze pays africains réunis à Lomé

L'atelier a rassemblé 33 participants : des délégués du Burkina Faso, du Burundi, des Comores, de la Côte d'Ivoire, du Gabon, du Mali, de la Mauritanie, du Niger, de la République centrafricaine, de la République démocratique du Congo et du Togo, pays hôte, ainsi que quatre représentants de l'AIEA, dont deux experts internationaux venus du Canada et du Burkina Faso.

Les délégations regroupaient des autorités de régulation, des universités, des ministères chargés de l'énergie, de la santé et de la sécurité, des services de secours et l'association Women in Nuclear (WiN). Cette diversité a nourri des échanges riches sur la manière dont la culture de sûreté et de sécurité se vit au quotidien dans chaque institution.

Le choix de Lomé reflète les progrès accomplis par le Togo en matière de gouvernance nucléaire : adoption de la loi n° 2020-006 du 10 juin 2020, opérationnalisation de l'ANSSN depuis 2021, adhésion le 14 août 2026 aux quatre conventions fondamentales de l'AIEA, et élection du pays au Conseil des gouverneurs de l'AIEA pour la période 2025-2027.

Une ouverture placée sous le signe de la culture

La cérémonie d'ouverture, tenue le 17 août 2026, a été présidée par le Ministre délégué chargé de l'Énergie et des Ressources minières. Dans son mot de bienvenue, le Secrétaire permanent de l'ANSSN a rappelé les avancées récentes du Togo et la responsabilité accrue qui incombe au pays depuis son élection au Conseil des gouverneurs de l'AIEA :

« La sûreté et la sécurité nucléaires ne se limitent pas à des textes de loi ou à des équipements techniques. Elles reposent avant tout sur une culture, c'est-à-dire sur un ensemble de valeurs, de comportements et d'attitudes partagés par l'ensemble des acteurs, à tous les niveaux de responsabilité. »

Le Ministre délégué a, pour sa part, souligné la portée de cet atelier pour le développement du pays et de la région :

« La culture de sûreté et de sécurité nucléaires n'est pas une fin en soi. C'est un moyen, un outil de développement, un facteur de confiance pour les populations et la communauté internationale. »

Il a invité les participants à nouer des contacts durables en vue de bâtir un réseau africain de la sûreté et de la sécurité nucléaires.

Cinq jours d'apprentissage participatif

Structuré en cinq journées progressives, de l'acquisition des notions de base jusqu'à la prise d'engagements concrets, l'atelier a privilégié une pédagogie interactive : quiz de connaissances en ouverture et en clôture, dialogues en plénière, travaux de groupe, « mur des défis », enquête appréciative, exercice « fishbowl » et séance de reconnaissance mutuelle.

Animés par les experts de l'AIEA, les travaux ont porté sur :

  • l'importance de la sûreté et les dix principes fondamentaux de sûreté de l'AIEA ;
  • les bases de la sécurité nucléaire et le cadre juridique international, dont la Convention sur la protection physique des matières nucléaires et son amendement ainsi que le Code de conduite sur la sûreté et la sécurité des sources radioactives ;
  • L’interface entre la sûreté et la sécurité, leurs synergies et leurs tensions possibles ;
  • Les facteurs humains, techniques et organisationnels (HTO) et l'approche systémique ;
  • Les modèles de culture de sûreté, dont les trois niveaux de culture d'Edgar Schein et les dix caractéristiques d'une culture de sûreté forte.

Deux études de cas ont ancré ces notions dans la pratique : un incident de manipulation de combustible nucléaire survenu dans une centrale finlandaise, et un scénario de retrait non autorisé d'une source d'iridium-192 de curiethérapie. Ce second cas a mis en lumière les conséquences d'un défaut de coordination entre les autorités chargées de la sûreté et celles chargées de la sécurité des sources radioactives.

Des engagements concrets pour chaque pays

Au terme de la semaine, les résultats ont confirmé l'atteinte des objectifs fixés : progression mesurable des connaissances entre le quiz initial et le quiz final, élaboration de plans d'action selon le modèle « Qui/Quand/Quoi », formulation d'engagements individuels et collectifs, et renforcement des liens entre les pays représentés, posant les bases d'un réseau régional africain.

Les participants ont formulé plusieurs recommandations, notamment :

  • Assurer le suivi des plans d'action à six et douze mois ;
  • Animer durablement le réseau régional constitué à Lomé ;
  • Poursuivre l'appui technique de l'AIEA, notamment à travers des missions consultatives et de futures éditions du programme RIDP-AFR ;
  • Renforcer, au niveau national, la coordination entre les autorités compétentes en matière de sûreté et de sécurité des matières radioactives.

Des « ambassadeurs » de la culture de sûreté et de sécurité

La cérémonie de clôture, le 21 août 2026, a été présidée par le Professeur Mazamaesso TCHAOU, Secrétaire permanent de l'ANSSN. Il a insisté sur l'importance d'appliquer les mesures de sûreté et de sécurité dans tous les domaines utilisant des sources radioactives, et a remercié l'AIEA, les experts et l'engagement des participants.

Le Professeur TCHAOU a invité chaque participant à devenir, au sein de son institution, un « ambassadeur » de la culture de sûreté et de sécurité nucléaires, rappelant que ce travail ne s'arrête pas à Lomé. Il a également réaffirmé la volonté du Togo de renforcer la coopération régionale et sous-régionale avec les pays africains qui développent encore leurs capacités dans ce domaine.

Pour l'ANSSN, l'accueil de cet atelier confirme le rôle croissant du Togo comme acteur de la coopération africaine en matière de sûreté et de sécurité nucléaires, au service de la protection des populations et de l'environnement contre les effets néfastes des rayonnements ionisants.

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